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KRATOCHWIL
Gabriele – Die Berberbewegung in Marokko. Zur Geschichte der
Konstruktion einer ethnischen identität (1912-1997), Berlin,
Gerd Winkerhane, Klaus Schwarz Verlag GmbH, 2002, 489 p., 1020 not.,
3 cart., 5 ann. (biograph. 14 p.), réf. bibl. 33 p.
Publication
de la thèse de l’auteur, soutenue en 2002 à l’université
de Bonn. Cette vaste synthèse, très documentée
et argumentée constitue le premier travail exhaustif sur
la construction de l’identité berbère et l’histoire
du mouvement culturel amazigh au Maroc. Ce sujet très spécifique
est constamment situé et évalué au sein de
l’ensemble politique et culturel marocain. Après une définition
du thème et des contours méthodologiques, G.K. retrace
dans sa deuxième partie, 1912-1956, les différentes
phases, au Maroc, de la pacification des tribus berbères
et de la politique menée durant la période du Protectorat
français : "la politique berbère de la France",
les principales révoltes berbères entre 1907 et 1926
(avec une présentation de quelques chants de résistance
des tribus du Moyen Atlas), avant d’examiner comment se situent
les Berbères durant la période du nationalisme marocain.
La troisième partie, 1956-1979 s’attache essentiellement
au rôle et au discours des Berbères à partir
de l’indépendance en retraçant les débuts de
la question berbère et le rôle des premières
associations amazighes, l’Amrec et l’Ancap. La quatrième
partie, 1980-1997 est consacrée aux fluctuation du MCA entre
le culturel et le politique, l’opposition et la répression
de l’État, la création de l’université d’Agadir
tandis que l’on assiste au début des manifestations berbères,
à la production des premiers textes officiels du mouvement
et à une intensification des conflits entre arabité
et berbérité. Après avoir montré les
espoirs suscités par le discours du roi en 1994, à
la suite de "l’affaire Tilelli", G.K. analyse très
finement, grâce à un important travail de terrain,
le boom associatif berbère qui s’ensuivit dans les trois
régions berbérophones et les divers aspects du discours
berbériste, de la tendance culturaliste modérée
à la tendance culturaliste politique, en passant par le militantisme
dans le cadre juridique des Droits de l’Homme. Les éléments
biographiques que l’on trouvera en fin de volume sur les principaux
acteurs du MCA sont un apport très estimable. G.K. se penche
enfin sur la création du Congrès mondial amazigh (organisation
et objectifs) annonçant la naissance d’un mouvement berbère
transnational . Elle dépassera l’année 1997 en évoquant
dans sa présentation la création de l’Institut royal
de la culture amazighe (Ircam), jalon essentiel pour l’avenir de
la question amazighe. La question linguistique est d’ailleurs étudiée
tout au long de ce travail qu’un appareil de note très conséquent
rend particulièrement précis et documenté :
situation universitaire, nouvelle chanson, passage à l’écrit,
choix des caractères, enseignement, tous ces thèmes
qui prennent aujourd’hui un relief particulier depuis le choix,
approuvé par le roi, des caractères tifinaghs par
les membres de l’Ircam. Ce travail, très riche (la bibliographie
en témoigne) et novateur, répond à une véritable
demande de la part des chercheurs, des étudiants et du milieu
associatifs au Maghreb et dans la diaspora berbère. Il gagnerait
beaucoup à être traduit en français pour une
meilleure audience et diffusion, la publication en langue allemande
(comprenant fort heureusement de nombreuses citations en français),
limitant considérablement son impact.
Bibliographie
berbčre annotée, Claude Brenier-Estrine (Iremam, Fonds berbčre,
Aix-en-Provence)
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