FIDH
34e Congrès : Mondialisation et Exclusion
10-14 Janvier 2001, Casablanca
Déclaration concernant la langue et la culture amazighes
L'État-Nation, modèle inventé en Europe puis exporté aux autres coins du monde, a contribué à la marginalisation, voire l'exclusion des langues et des cultures qui n'ont pas pu acquérir un statut officiel ou national au sein des États. La discrimination linguistique et culturelle se trouve au coeur même du système étatique moderne.
Aujourd'hui, la mondialisation contribue à l'homogénisation culturelle. Or, il y a des langues et des cultures qui ont résisté à ce processus d'uniformité. Aujourd'hui, ces langues et cultures ont droit à l'existance dans le respet et l'égalité réciproque.
Nous, défenseurs des droits de l'homme, avons le devoir de contribuer à leur sauvgarde.
Alors que le Maroc accueille le 34e congrès de la FIDH, nous avons décidé de consacrer symboliquement ce message à la culture amazighe, que les récentes réformes de l'enseignement ont totalement marginalisée, considérant que cette dernière est - parmi tant d'autres - l'une des cultures menacées du monde global.
Dans cette optique, nous demandons la reconnaissance et la protection de la langue amazighe au Maroc ainsi que dans l'ensemble des pays de l'Afrique du Nord, afin de garantir son intégration dans les domaines de l'enseignement public, la communication, l'administration et la justice.