Rapport sur la réunion
du conseil national de l’association TAMAYNUT, tenue à Aguelmim les 24
et 25 mars 2001
L'Association Tamaynut,
militante pour la reconnaissance des Droits linguistiques, culturels et identitaires
des Amazighs (Berbères) a tenu la cinquième session de son conseil
national dans la ville d'Aguelmim, au sud du Maroc, et ce les 24 et 25 mars
2001.
Cette session a été
marquée par l'interdiction, encore une fois, de la réunion du
conseil de Tamaynut, par les autorités locales de la ville d'Aguelmim.
Et ce malgré l'accord, écrit, reçu de la délégation
du ministère de l'Éducation nationale pour l’utilisation d'un
établissement scolaire à cette fin ! En plus de cela, le
quadrillage sécuritaire du local de notre section, lieu de la réunion,
pendant ces deux journées a été plus que marquant.
En dépit de cette
situation anormale et face à cette aberration envers les droits de l'homme,
la détermination de nos militants a eu gain de cause. Ainsi, les travaux
du Conseil ont été axés sur l'étude de la situation
des droits des Amazighs ainsi que sur les développements qu'a connu le
mouvement culturel amazigh au Maroc et à l'étranger, en particulier,
et le mouvement des droits de l'Homme, en général.
Le communiqué final
de cette session a met l'accent, entre autres points, sur :
- La nécessité
et l'urgence de la reconnaissance constitutionnelle des droits linguistiques,
culturels et identitaires des Amazighs au Maroc.
- L'appui de la recommandation
adoptée par le congrès de la FIDH tenu au Maroc, et l'indignation
face à la position, relevant du pur chauvinisme et de l'anti-amazighisme,
exprimée par l'AMDH lors de ce congrès.
- La dénonciation
de tous les actes qui portent atteinte aux droits des personnes et des ONG
et entravant la liberté d'expression et de rassemblement, ainsi qu'aux
poursuites iniques à l'égard des journalistes et des militants
des droits de l'homme.
- La dénonciation
du rapport gouvernemental présenté à la Commission des
droits de l'homme de l'ONU (session 24) et qui présente les Amazighs
comme étant une minorité au Maroc.
- La dénonciation
des politiques de marginalisation et de folklorisation de la langue et de
la culture amazighes dans le domaine de l'enseignement et des masses médias
publics, ainsi que des politiques d'arabisation des Noms des personnes et
des lieux.
- L'appel lancé
à l’État et au Gouvernement marocain pour le respect de leurs
engagements internationaux et l'adaptation des lois nationales aux pactes
et déclarations internationales des droits de l'homme.
- La disponibilité
des militants et militantes de l'association Tamaynut à aller de l'avant
et à adhérer à toutes les formes pacifiques de militantisme
afin de concrétiser les revendications légitimes et légales
du Mouvement culturel amazigh.
TUDERT I TMAZIGHT
VIVE TAMAZIGHT.