La réunion de Bouzniqa a été interdite

Bouzniqa 2 n’a pu avoir lieu. Encore une fois, les autorités marocaines ont fait preuve d’excès d’autorité et de mépris envers le mouvement amazigh. Après avoir reçu l'autorisation écrite du secrétariat du ministère de la Jeunesse et des Sports, le comité du Manifeste amazigh a déposé une demande pour organiser la deuxième assemblée nationale des signataires du Manifeste amazigh le samedi 16 Juin 2001. Conformément à la loi sur les libertés publics, la réponse devrait être communiquée aux organisateurs 48 heures après le dépôt, mais rien de cela n’a été fait.

Le jeudi 20 juin, un des signataires de la demande s'est déplacé sur les lieux au complexe de Bouznika pour payer une avance sur le déjeuner et le dîner de vendredi 22 juin. Sans explication aucune, la directrice du complexe Moulay Rachid lui fait part de la décision des autorités d’interdire la réunion. Le vendredi vers la fin de la matinée, les signataires arrivaient en masse à la localité de Bouznika de toutes les villes et régions du pays pour trouver des gendarmes qui bloquaient la routes menant au complexe. Même les gens qui allaient à la plage se trouvaient obligés de changer de route ou de se replier. La raison avancée : un accident grave.

À coté de la porte du complexe, deux camions des forces auxiliaires ont déjà pris place, des éléments de ces mêmes forces ont encerclé le complexe. Un vrai embargo. Sur les lieux se trouvaient une vingtaine de militants amazighs, dont quatre membres du comité du Manifeste Amazigh. Vers 14h30, les autorités (le secrétaire de la préfecture, le responsable de la gendarmerie, le caïd et le super caïd de Bouznika ainsi d'autres responsables en uniforme) ont ramené un papier stipulant l'interdiction écrite et ont demandé à deux des signataires sur place de signer le récépissé de réception. Suite au refus de le réceptionner, les autorités nous ont demandé de quitter les lieux dans les dix minutes qui suivront au risque de faire appel aux forces de l’ordre.

Vers 15 heures, les présents ont décidé de rejoindre les autres militants bloqués par les gendarmes à la sortie de Bouznika. Après un petit meeting, tout le monde est revenu à Rabat pour se retrouver dans la maison d'un des signataires du Manifeste.

Les discussions ont repris et un communiqué a été rédigé destiné à l'opinion nationale et internationale. Les signataires se sont donnés rendez-vous pour le mois de septembre prochain.

Adapté du compte-rendu envoyé de Rabat par MOHA