Après une série d’interdictions de manifestations et activités organisées par le Mouvement amazigh à Fès, Agadir, Salé, Zagora, Tidjit, Ayt Blal, Aghbalou n Kerdous, etc., les autorités ont une fois de plus procédé à l’interdiction de la 2e assemblée nationale des signataires du Manifeste amazigh, prévue les 22-24 juin 2001 à Bouznika au complexe Moulay Rachid.
Les grands moyens ont été déployés pour empêcher cette activité : barrages de la gendarmerie dans la ville de Bouznika et sa région, encerclement du complexe Moulay Rachid par les forces auxiliaires, camions militaires, présence du Gouverneur et du Pacha de Bouznika avec quelques voitures de Police. Plus de 600 personnes étaient attendues à l’ouverture de cette assemblée dans l’après-midi du vendredi 22 juin 2001 dont 450 participants représentant les millions de signataires du Manifeste Amazigh de toutes les régions du Maroc.
Le comité du Manifeste Amazigh a accompli toutes les démarches administratives nécessaires obtenant ainsi l’accord du Ministère de la jeunesse et des sports en ce qui concerne le complexe et un avis de réception des autorités locales informées à cet effet. Le jeudi 21 juin 2001 à 17h30, la directrice du complexe Moulay Rachid avertit par téléphone l’un des membres du comité du Manifeste amazigh de cette interdiction qui lui a elle-même été communiquée oralement par un représentant des autorités locales.
Le comité du Manifeste amazigh qui n’a reçu aucun avis d’interdiction officiel, a envoyé des télégrammes de protestation au ministre de l’intérieur, au Premier ministre et au ministre de la Justice, pour les avertir des graves implications possibles suite à ces pratiques illégales, pratiques qui peuvent mettre en péril la stabilité même du pays.
Nous considérons cette interdiction comme étant un acte politique qui viole les droits élémentaires et humains et qui vise à étouffer la dynamique du mouvement amazigh qui prend de plus en plus d’ampleur.
Il est évident que l’origine de cet acharnement se trouve être l’obstination des "décideurs" à encourager des pratiques transgressant la loi et invariablement hostile à la cause amazighe.
L’intervention en masse des forces de la répression makhzéniennes qui n’ont pas hésité à bloquer toutes les issues menant au complexe Moulay Rachid pour empêcher tout participant d’y accéder, montre l’ardeur avec laquelle les "décideurs" sont déterminés à lutter contre le mouvement amazigh.
Au nom de l’assemblée extraordinaire des signataires tenue à Rabat le vendredi 22 juin 2001, nous déclarons à l’opinion publique et internationale que :
Nous protestons énergiquement contre toutes ces pratiques illégales qui se répètent contre le mouvement amazigh, et nous considérons que ceci est une atteinte aux libertés publiques et aux droits constitutionnels du citoyen.
Nous affirmons notre volonté de continuer notre combat jusqu’à l’aboutissement de nos revendications justes et légitimes et nous appelons toutes les organisations des droits humains nationales et internationales à nous soutenir dans notre lutte et à s’opposer à toutes les formes de répression et de quadrillage de la société.
Nous déclarons notre volonté de tenir notre 2e assemblée nationale des signataires du Manifeste amazigh dans les plus brefs délais.
Nous tenons également à exprimer notre solidarité au peuple Algérien dans sa lutte pour sa dignité et son identité amazighe .
Vive le mouvement amazigh !
Demnati
Meryam pour
Le comité
du Manifeste amazigh
Rabat le
24 juin 2001