Démission d'administrateurs de l'Institut royal de la culture amazighe

AFP (23 février 2005) - Sept défenseurs de la culture amazighe (berbère) ont quitté le conseil d'administration de l'Institut royal de la culture amazighe (Ircam), jugeant insuffisante l'action menée dans ce domaine au Maroc, a-t-on appris mercredi à Rabat. Ces personnalités berbères de l'Ircam, un institut créé en 2001 par le roi Mohammed VI, ont insisté, dans un communiqué diffusé mercredi, pour que la langue amazighe soit inscrite comme langue officielle dans la Constitution du royaume.Selon les sept démissionnaires - sur un conseil composé de 32 membres - l'action de l'Ircam est restée "sans effet palpable". Ils dénoncent la "fonction humiliante" qui a été donnée à l'amazighe comme "support d'apprentissage de l'arabe" durant les cinq années de l'enseignement primaire.Les protestataires dénoncent la marginalisation de l'amazighe au niveau de l'enseignement supérieur et de la télévision. Ils critiquent des propos attribués au ministre de la Communication qui aurait invoqué un "manque de moyens". "Ce prétexte, ajoutent-ils, ne l'a pas empêché de lancer deux nouvelles chaînes publiques arabophones et une troisième en cours" d'installation.Les signataires précisent avoir acquis la conviction que "la reconnaissance véritable de l'amazighité en tant que langue, culture, civilisation, histoire, requiert que la Constitution du royaume stipule expressément que la langue amazighe est officielle".Le communiqué est signé par MM. Abdelmalek Ousadden, Mohamed Boudhan, Hassane Banhakeia, Mohamed Ajaâjaâ, Mimoun Ighraz, Ali Bougrine et Ali Khadaoui.Contacté par l'AFP, un membre non démissionnaire de l'Ircam s'est refusé à tout commentaire. Il a assuré toutefois, sous couvert de l'anonymat, qu'il partageait les préoccupations des signataires mais qu'il se refusait à la politique de la "chaise vide".