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Répression dans la région des Aurès Mme
Jahangir Mesdames, Messieurs, Par la présente, le Congrès mondial amazigh (CMA), ONG de défense des droits du peuple amazigh (berbère), souhaite vous alerter sur les graves et massives violations des droits de lhomme qui se déroulent actuellement dans la région des Aurès (Est de lAlgérie). Le 13 mai dernier dans la soirée, dans la localité de Taghit (Wilaya de Batna), un membre des GLD, la milice paramilitaire créée par le gouvernement algérien dans les années 1990, tire sans sommation et sans quil soit aucunement menacé, sur deux jeunes gens, tuant lun deux, Chouaib Argabi, âgé de 19 ans. Son ami fut enlevé et séquestré dans le casernement des GLD. Le lendemain, suite aux protestations pacifiques des citoyens de Taghit et de Tkout (localité voisine), exigeant toute la lumière sur cet assassinat, le gouvernement a dépêché des renforts de gendarmerie et de larmée dans le but évident de réprimer les populations en colère. Les gendarmes et les militaires fortement armés, sont intervenus avec une grande brutalité contre des civils sans défense : des dizaines de personnes ont subit des passages à tabac, des humiliations publiques, des violations de leurs domiciles, etc. A ce jour plus de 100 personnes ont été arrêtées et actuellement incarcérées dans les casernes de la gendarmerie de Tkout et à la prison dArris. Il est fort à craindre que ces prisonniers subissent des tortures et des traitements inhumains, cruels ou dégradants. Les membres du mouvement citoyen de la région des Aurès, un mouvement parfaitement pacifique et démocratique, sont particulièrement visés par cette violente vague de répression. Ils sont actuellement lobjet dune véritable chasse à lhomme qui les contraint de vivre dans la clandestinité. Depuis le début de ces tragiques événements, les habitants terrorisés nosent plus sortir de leurs domiciles de crainte des rafles policières, particulièrement à Tkout qui vit une situation de ville-morte. Le CMA attire votre attention sur le fait que le scénario tragique qui se déroule actuellement dans cette région amazighophone de lAurès, ressemble étrangement à celui qua vécu la Kabylie, autre région amazighophone dAlgérie, en avril 2001 et qui a dégénéré en printemps noir : 125 citoyens tués par les forces de sécurité de lÉtat, des blessés et des exilés par milliers. Si les Nations Unies ninterviennent pas prestement et fermement pour stopper les dérives totalitaires du pouvoir algérien, nous pourrions assister dans les prochains jours à une nouvelle catastrophe humaine avec son lot de victimes et de deuils. Les populations algériennes et particulièrement amazighes ne peuvent en appeler à la justice de leur pays car celle-ci est exclusivement au service de lordre établi. Leur seul et dernier recours reste lappel au soutien et à la protection de la communauté internationale. Cest pourquoi nous sollicitons de manière pressante votre intervention et comptons sur vous afin duser de toute lautorité et des prérogatives qui vous sont conférées afin de stopper cette agression contre les populations des Aurès et dexiger du gouvernement algérien quil mette un terme à sa politique criminelle particulièrement à lencontre des populations amazighes. LAlgérie officielle doit se soumette concrètement, réellement et sans délai à ses obligations internationales en matière de respect des droits humains. Cest la condition nécessaire pour empêcher la récurrence des violations des droits individuels et collectifs dans ce pays. Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire et vous prions dagréer, Madame, Monsieur, lexpression de notre haute considération. Paris,
le 17 mai 2004
Copie à : Parlement Européen, Commission Européenne, Conseil de lEurope, Union Africaine Congrès
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