La conférence
Euro-Tamazgha sur les droits humains et le droit des Amazighs à la citoyenneté
organisée du 26 au 28 décembre 2003, en partenariat entre le Réseau
amazigh pour la citoyenneté et le Mouvement AMAZIGH aux Pays-Bas.
Communiqué
- Considérons que
le droit à la citoyenneté ne sera complet et définitif
tant qu’il n’y en a pas reconnaissance à toutes les composantes du
peuple marocain ;
- Considérons que
le Maroc que nous voulons bâtir est celui de la diversité, le
Maroc des droits humains dans leur globalité ;
- Comme l’État de
doit et de démocratie ne peut avoir lieu que dans le cadre d’une constitution
démocratique garantissant les droits de toutes les composantes du peuple
marocain, et en particulier la reconnaissance de tous les fondements de sa
personnalité ;
- Considérons la
corrélation entre la reconnaissance de l’identité amazighe et
son droit à la cité en tant que langue, culture, civilisation
et histoire, et les valeurs nobles de la démocratie sur les quelles
l’humanité tout entière a milité plusieurs siècles
pour leur application et leur généralisation ;
- Partons de notre conviction
que la lutte pour la promotion, la protection et la reconnaissance des droits
des Amazighs est partie intégrante du processus de lutte du Mouvement
social marocain pour un Maroc de justice, des droits humains et de démocratie,
et dans le cadre de la lutte du mouvement social international pour une globalisation
de la justice et des droits de l’homme et des peuples ;
- Considérons l’importance
et la nécessité de la coordination entre les associations amazighes
démocratiques et indépendantes à l’intérieur et
à l’extérieur du Maroc dans le cadre de la philosophie des principes
fondant la Déclaration pour une action amazighe opérationnelle,
- De ce qui précède,
nous, les participantes et participants à la Conférence,
revendiquons :
- la reconnaissance
constitutionnelle de Tamazight et l’instauration effective de la séparation
des pouvoirs, et de la laïcité.
- l’approbation de
toutes les conventions internationales relatives aux droits humains et
de la suprématie des lois internationales par rapport aux celles
en vigueur dans le pays ;
- l’instauration d’un
code moderniste de la famille assurant l’égalité entre l’homme
et la femme avec l’institution du mariage civil ;
- l’intégration
de tamazight unique et unifiée dans toutes les instances de l’État
(enseignement, communication , institutions publiques et privées,
etc. par une politique qui prends en compte la diversité linguistique,
et culturelle ,et le droit à la différence ;
- le rapatriement des
cendres du feu Mohammed Abdelkrim el-Khattabi ;
- la poursuite judiciaire
de toutes les personnes responsables de crimes culturels, politiques ou
économiques, et de s’engager pour éviter que de telles atrocités
ne puissent avoir lieu dans l’avenir ;
- la création
d’un institut et des académies de langues autonomes et indépendantes
du pouvoir pour les études et les recherches amazighes ;
- la réhabilitation
de tamazight dans toutes ses composantes linguistiques, culturelles, civilisationnelles
et identitaires ;
- la solidarité
avec les combats menés par le mouvement amazigh dans tout le territoire
de Tamazgha ;
- la garantie des droits
des marocains émigrés y compris les droits linguistiques
et culturels amazighs dans les pays d’accueil par l’État marocain ;
- la révision
de la politique d’investissement basée essentiellement sur les
transferts en devise des marocains résidants à l’étranger
par l’instauration d’une politique de développement durable et
intégré mettant fin à la politique de l’émigration
clandestine et la mauvaise exploitation des richesse nationales.
Bouznika, le 28/12/2003