Réseau
amazigh pour la citoyenneté
Charte
constitutive
Énoncé
de principes :
- Déclaration universelle
des droits de l’Homme
- Pactes des Droits civiques,
politiques économiques et culturels
- Charte africaine pour
les droits de l’Homme et des Peuples
- Charte de Mexico
- Charte d’Agadir pour
la défense et la promotion de la culture amazighe
Partant
de la situation actuelle que connaît le mouvement associatif pour la reconnaissance
des droits culturels et linguistiques, constitutionnels, historiques et économiques
des Amazighs, situation qualifiée de perturbée tant sur le plan
de la stratégie que celui des modes d’intervention des acteurs, et ce,
vu un certain nombre de facteurs dont nous citons :
- L’élan bureaucratique
et le déficit démocratique global dont souffrent les structures
associatives aussi bien sur le plan interne de leurs propres organisations,
que celui de l’environnement juridique et institutionnel où elles agissent.
- La fragmentation du mouvement
culturel amazigh.
- L’option des acteurs
associatifs à agir dans le cadre d’une vision ambiguë loin de
toute stratégie claire.
- La prédominance,
au niveau des structures, d’approches non constructives et de méthodes
de préhension qui ne sont ni participatives ni consultatives.
Par ailleurs,
et malgré les avancées réalisées au cours de ces
deux dernières décennies, il est incontestable, aujourd’hui, que
le mouvement culturel amazigh passe par une phase de stagnation dont les caractéristiques
marquantes sont :
- Le recul des acteurs
associatifs initiateurs et la prédominance d’actions lancées
par de nouveaux acteurs représentés par une oligarchie amazighe
à la solde du nouveau Makhzen et des partis politiques dits du Mouvement
national
- Le lancement par le Makhzen,
de " la nouvelle ère " d’un arsenal juridique et
des dispositions pour enfoncer les acteurs amazigh dans la discorde et l’immobilisme :
- Initiatives de
personnalités adoptant une logique de rassemblement autours de
Texte essayant ainsi de justifier historiquement et de trouver des explications
au massacre dont souffrent les aspects civilisationnels amazighs et
ce dans des logiques autres que l’absence de démocratie et de
liberté au Maroc, ce qui a été à la source
de la spoliation de nos droits à notre identité amazighe.
- La Charte pour
la réforme de l’éducation et de l’enseignement qui a posé
clairement les bases d’un racisme culturel et linguistique au Maroc
en maintenant Tamazight dans une position d’infériorité
qui était la sienne pendant des décennies.
- La création,
par initiative royale, d’un institut pour la culture amazigh sur la
base d’un Dahir qui instaure des méthodes d’approche non transparentes
et non indépendantes de la sphère du Makhzen, ceci en
plus de faire référence à la Charte sur l’éducation
et l’enseignement,
- La faiblesse de la vigilance
de l’élite du MCA face à la nouvelle stratégie du Makhzen
visant la récupération et l’instrumentalisation du tissu associatif
amazigh.
- Le débat autours
des formes et des aspects de la politisation de la cause amazigh et ce à
partir de thèses soutenants la limite de l’action des associations
et projetant d’autres coalitions (Makhzen / relais du Makhzen / une partie
des acteurs traditionnels du MCA).
- La montée de tendances
populistes sous formes de groupuscules non organisés et éparpillés
au sein du Mouvement amazigh.
Partant
de ces constats, et faisant état de l’analyse critique de l’action de
l’ensemble du mouvement Amazigh tel que celui-ci opère et appréhende
la défense de la culture et de la langue amazighes au Maroc d’aujourd’hui ;
Et
compte tenu de notre profonde conviction que la lutte pour l’amazighité
du Maroc ne peut, en aucune manière, être dissocier de la lutte
menée par le mouvement démocratique et l’ensemble de la société
civile marocaine pour instaurer la démocratie;
Nous,
citoyennes et citoyens marocains, acteurs et actrices du Mouvement démocratique
amazigh, par notre adhésion à la présente Charte :
- Nous insistons sur le
fait que notre lutte et notre combat pour la reconnaissance des droits linguistiques
et culturels amazighs est au cœur du combat des mouvements citoyens pour l’instauration
d’un État démocratique reconnaissant les Droits Humains et des
peuples et œuvrant dans le cadre d’institutions libres et indépendantes
pour un développement durable et participatif,
- Nous nous engageons via
notre action à contribuer à opérer une refonte critique
pour assurer l’évolution du Mouvement Amazigh et ce en collaboration
avec les associations de même tendance ;
- Défendre, à
travers notre lutte spécifique, les valeurs universelles des droits
humains, et des peuples,
- Participer et œuvrer
pour le renforcement des coalitions et des réseaux associatifs pour
la promotion d’une action associative autonome, démocratique, progressiste
et citoyenne, loin de toute récupération et instrumentalisation
makhzenienne ;
- Mettre en œuvre toutes
les démarches pour la création d’un observatoire national, indépendant
et non gouvernemental, pour la défense et la promotion de la culture
et de la langue amazighes,
- Donner la priorité
à l’encouragement et au renforcement de la participation des femmes
sur la base de l’égalité des sexes,
- Travailler, en synergie,
avec les mouvements amazighs, citoyens et autres ONG opérant sur
la scène internationale, et contribuer à l’opérationnalisation
de leurs dynamiques revendicatives vis à vis des instances internationales
- Œuvrer pour la concrétisation
de la présente Charte sur la base du :
Fait à
Rabat
7 juillet 2002