POUR EXPRIMER LEUR SOLIDARITÉ AVEC LES KABYLES
Les Amazighs marocains investissent la rue

Après l’interdiction non fondée de la marche de l’espoir " TICLI N USIREM " par le Gouvernement marocain, que comptait organiser le Groupe d’action amazigh de Rabat le 20 avril dernier pour exprimer leur solidarité avec les Kabyles, Imazighen ont répondu massivement à l’appel lancé par le comité organisateur de la manifestation du premier mai.

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Après sa participation réussie l’année dernière à la manifestation célébrant la fête mondiale des travailleurs, Le Mouvement amazigh de Rabat a organisé, dans le cadre de l’UMT (Union marocaine du travail) et en collaboration avec les militants de Meknès, de Kenitra, d’Asoul et de Casa, la marche de ce premier mai. Il est à signaler que les Imazighen de Marrakech ne sont pas venus défiler cette année à Rabat, préférant marcher dans les rues de leur ville.

Le premier appel a été lancé par le Groupe d’action amazigh de Rabat. Dans son communiqué rendu public suite à l’interdiction arbitraire par le Gouvernement socialiste de la marche de soutien aux Kabyles qu’il comptait organiser le 20 avril 2002, il appelle à participer aux défilés du premier mai. En concertation avec les différents comités organisateurs à travers le Maroc, il a décidé que le mot d’ordre de cette marche sera : Halte au massacre de la Kabylie, à bas le régime militaire algérien et pour la libération des détenus du Mouvement citoyen kabyle. Des centaines de personnes ont scandé des slogans allant dans ce sens dans les principales villes du Royaume : Khénifra, Demnate, Marrakech, Agadir, Errachidia, Nador et Hoceima.

A Rabat, plus de 700 personnes ont pris part à cette manifestation. La marche a commencé vers 10 heures du matin avec à sa tête une dizaine d’enfants venus eux aussi exprimer leur solidarité et leur soutien aux Imazighen de la Kabylie dans leur lutte légitime contre le pouvoir corrupteur et corrompu.

Au début du défilé, le comité organisateur a procédé à la distribution des autocollants aux manifestants portant les mots d’ordre de la manifestation. Ils sont écrits en français et en tifinagh. On peut y lire : Je suis Amazigh, je le Reste, dder d amazigh negh mmet,  nous sommes tous des Kabyles. Certains manifestants des différents groupes syndicaux et qui ne se réclamaient pas du mouvement sont venus également demander ces autocollants pour exprimer leur sympathie envers leur culture d’origine.

Les manifestants ont brandi des banderoles, écrites en amazigh, en français et en arabe, et qui résument les principales revendications et préoccupations actuelles du mouvement parmi lesquelles on peut citer :

IMAZIGHEN
SOLIDARITÉ AVEC LA KABYLIE
Tamazgha tamurt negh Aqbayli d Gma tengh (en tifinagh)
Nous exigeons la reconnaissance institutionnelle et constitutionnelle des droits amazighs
Tamazight awal negh tamazgha akal negh (en tifinagh et en français)
Non à la manipulation partisane de tamazight
Halte à l’instrumentalisation partisane de tamazight
Nous ne renonçons jamais à notre amazighité
Tamazight : langue nationale et officielle
Non au reniement de l’amazighité du Maroc (en arabe)
Et bien d’autres (soutien à la cause féminine, aux travailleurs, aux chômeurs,...)

A signaler que pour signifier leur ancrage national, les manifestants amazighs (ils étaient d’ailleurs les seuls) ont porté des drapeaux marocains dans un contexte caractérisé par l’exacerbation du sentiment arabiste suite aux problèmes du Moyen-Orient. Ils ont également brandi des drapeaux amazigh (CMA et MZGH) pour la première fois à Rabat.

Plusieurs slogans ont été scandés à l’encontre du gouvernement marocain et des partis politiques de l’arabo-baâtisme au Maroc réclamant la reconnaissance institutionnelle et constitutionnelle des droits des Amazighs au Maroc.

D’autres slogans ont été scandés à l'encontre du gouvernement algérien pour dénoncer le massacre perpétré en Kabylie par le régime sanguinaire des Généraux et de Bouteflika.

Voici les principaux slogans scandés à Rabat :

Tamazight à l’Ecole - on a mare du Folklore
Tamazight à l’école - ce n’est pas un décor

May d ira dadda umazigh - tamazight ad as tili
May d ira dadda umazigh - tilelli ad as tili
May d ira dadda umazigh - izerfan ad as ilin

Tamazight idammen - idammen g izûran
Ur sar tt nettu - meqqar agh neghan

Pouvoir algérien - Pouvoir assassin
Pouvoir algérien - Bouteflika assassin

TIZI OUZZOU SAMIDA ALEF CHAHID U CHAHIDA (en arabe)
(Tizi ouzzou la résistante, mille martyrs et martyres)

Guermah Massinissa - l’Histoire te vengera

Politique d’arabisation - Politique raciste
politique barbare pour tuer l’identité (traduction de l’Arabe)

Nous ne sommes pas des arabes - corrigez / réécrivez l’histoire

Seg Siwa ar lanzârut - Tamazight ur temmut
Seg siwa ar Kanari - Tamazight ad tili

Swa assa Swa Asekka - Tamazight tella tella
Swa assa Swa asekka - Tagrawla tella tella

Yemma innu à Tamazight - Tassa d uli nu ag en tellid
Is Yugerten a kem isgman - mid Abdelkrim a kem iseghran

ULAC ULAC ULAC ULAC SMAH ULAC
ULAC ULAC ULAC ULAC LVOT ULAC

Devant le parlement, les manifestants ont rendu hommage à tous les martyrs de Kabylie par l’observation d’une minute de silence. Tous les manifestants portaient des brassards noirs avec un AZA en jaune et/ou des bandeaux en jaune avec un AZA en noir en symbole de deuil et de soutien aux victimes de l’armée algérienne et sifflaient pour dénoncer la politique d’indifférence du Gouvernement marocain et du parlement vis à vis des crimes du pouvoir algérien.

En arrivant à la fin du parcours, le comité organisateur, en la personne de l’un de ses membres, a lu le communiqué préparé à cette occasion et l’a remis aux journalistes, parmi lesquels se trouve le représentant de l’Agence algérienne (APS) à Rabat.

La marche s’est achevée vers 14 H 30.

Moha Ouhssaïne