Code de la famille. Partis démocrates : effacement ou lâcheté.

Le débat et les polémiques autour de l’amendement du Code de la famille mobilisent rageusement le courant politique islamo-conservateur.

Les partis démocrates (à l’exception notable du MDS) qui se sont faits chantres de la libération de la femme restent étrangement silencieux à l’occasion de ces joutes.

Les associations féminines qui osent réagir à la virulence des attaques se sentent lâchées par ceux-là même qui ont fait de leur cause un fonds de commerce lors d’élection ou de manifestations publiques .

Les islamistes quant à eux ne lésinent sur aucun moyen pour tenter d’imposer leur point de vue. Ils mobilisent leurs militantes dans une pétition où elles récusent les amendements proposés qu’elles déclament contraires à leurs intérêts.

Nous demandons à ceux qui pérorent que « en supprimant le tuteur , on déshonore la fille et on l’expose à tous les périls » de nous dire quel est ce tuteur qui a autorisé Hassiba Ben Bouali (et bien d’autres) à s’habiller à l’européenne, bavarder avec les paras de Massu pour déposer, à leurs risques et périls, des bombes. Ce faisant, est-ce Hassiba qui s’est déshonorée ou les mentors de Bouguerra qui s’étaient terrés durant ces années de braise ?

Il ne s’agit pas de polémiquer sur les impudences et les cynismes des islamo-conservateur qui ne demandent pas mieux que d’entraîner la société dans des querelles byzantines sans fin.

Par contre, il nous semble dangereux d’adopter une attitude hautaine et suffisante devant ce déferlement de haine et d’insulte envers nos concitoyennes dont les aînées ont conquis le droit à vivre le siècle dans la dignité et la liberté .

Nos mères et nos sœurs ne nous pardonneraient pas notre silence qu’elles sont en droit d’assimiler à de la lâcheté.

Il appartient au partis démocrates plus qu’à d’autres de s’impliquer dans cette bataille non pas pour s’échiner à démonter le discours intégriste qui, par essence, ne peut admettre la contradiction parce que fondé non sur le raisonnement mais sur l’émotion et la mythologie, mais pour dire et redire que l’Algérienne a conquis sa liberté au moment où des oulémas prônaient l’assimilation.

Ils ont des comptes à rendre à leur collectif militant, à leurs sympathisants et à tous les citoyens privés de parole qui aspirent à la modernité. Ils ne peuvent s’exonérer du débat actuel qui concerne plus de la moitié de la population du pays sauf à admettre que le « peuple » ne les intéresse qu’au moment des élections.

Tizi-Ouzou, le 11/09/2004
Muhend Loukad, Mhand Amarouche