La Kabylie votera

Parmi tous les candidats en lice pour la présidentielle d’avril prochain ou ceux qui se sont retirés ou éliminés par l’instrumentalisation du Conseil constitutionnel, c’est le candidat du RCD, le docteur Saïd Sadi qui fait l’objet d’une campagne virulente et concertée venant de plusieurs bords à la fois.

Aucune de ces attaques ne concerne le programme politique, économique ou social de ce parti. Et pour cause, depuis sa création, il a été celui qui a brisé tous les sujets tabous et ses propositions d’avant-garde ont été copiées par d’aucuns, paraphrasées par d’autres et certaines ont tout simplement été détournées à son profit par le gouvernement après avoir été vouées aux gémonies. Souvenons-nous du rééchelonnement de la dette, de la revendication d’abrogation du Code de la famille, de l’institutionnalisation de tamazight, de la restructuration organique de l’État par la nécessaire mise en œuvre d’une très large décentralisation des pouvoirs politiques, économiques et culturels au profit d’ensembles régionaux historiquement constitués.

Les attaques entre adversaires d’une compétition électorale sont de bonne guerre lorsqu’elles reposent sur des arguments, des faits avérés, des prises de position des uns et des autres. Ce n’est pas le cas puisque pour contrer le candidat du RCD, les Services spéciaux de Bouteflika et Zerhouni s’en sont pris, et depuis longtemps déjà, à ses militants désarmés et isolés, par l’intimidation, le passage à tabac, la séquestration et la torture. Cette répression n’ayant en rien entamé la détermination, le courage et la solidarité du collectif militant de ce parti qui a déjà payé un lourd tribut de sang pour la résistance contre l’intégrisme, on a recouru à l’instrumentalisation du Conseil constitutionnel pour tenter, de façon grossière, d’invalider la candidature de Saïd Sadi. Devant cet autre échec, l’opinion national assiste aujourd’hui à l’impensable : on veut déloger le RCD de son siège national d’Alger. Zerhouni qui a spolié un moudjahid de sa pharmacie au profit de sa femme a cherché et trouvé de prétendus propriétaires pieds-noirs de ladite bâtisse et les a actionnés pour demander la restitution de leur soit disant bien 42 ans après le recouvrement de l’indépendance. Les martyrs de la guerre de libération ont du tressaillir dans leur tombe mais il est vrai que cela ne peut émouvoir ceux qui n’ont jamais tiré une cartouche contre l’ennemi.

Mais la perfidie intégrale vient de ces démissionnaires du RCD qui se sont érigées en secte malfaisante au service de Bouteflika, le Président-candidat.

Madame Khalida Toumi-Messaoudi a obtenu contre sa forfaiture le ministère de la Culture et de la Communication qu’elle gère comme une zaouia. N’est-ce pas elle qui s’est donnée en spectacle dans une cérémonie de henné dans une zaouia de l’Ouest en présence de son mentor.

Amara Benyounès, cet autre arriviste, fabriqué de toute pièce par le RCD n’a jamais digéré sa démission forcée du poste de ministre où il s’était repu de béton et de goudron. Il a d’abord été commandité pour créer et animer un torchon d’insanités dirigé contre le RCD et la région qu’il espère inféoder à Bouteflika et sa clique. Aujourd’hui, on lui octroie la gestion d’un groupuscule qui se dit politique composé d’un ramassis d’opportunistes spécialistes en transfugation et retournement de veste dont le porte parole désigné est notoirement connu pour s’être déjà "mis à table" un certain avril 1980 devant les caméras de l’Unique pour discréditer le Printemps berbère en affirmant qu’il était manipulé par la main étrangère.

Un autre groupe qui s’arroge la propriété exclusive du Mouvement citoyen sous la férule du Chef du gouvernement veut neutraliser l’électorat de la Kabylie au profit du Président-candidat, en reniement au sermon fait pour les 124 martyrs du Printemps noir. Il est évident que cette entreprise de neutralisation de la Kabylie est une autre attaque dirigée en particulier contre le candidat Saïd Sadi qu’on veut empêcher de mener campagne dans son propre fief.

Les uns et les autres de ces pourfendeurs ont la mémoire courte. Ils feignent d’oublier que de tous les candidats, c’est Saïd Sadi qui est le principal artisan, durant les années de plomb, du recouvrement de la dignité citoyenne qui a émergé lors du Printemps berbère. Ne serait-ce que pour cette raison, il aura gagné le droit de s’exprimer et de mener campagne où bon lui semble et nul ne peut l’en empêcher. Pour son parcours digne qui a fait de lui le seul homme politique algérien a obtenir une distinction internationale de défense des Droits de l’Homme, nous serons nombreux à être à ses cotés pour l’accompagner dans cette autre entreprise de sauvegarde de l’Algérie républicaine.

M’hand Amarouche
Moumouh Loukad
Animateurs du MCB
Contact :mhandlpcq@yahoo.fr
Tizi-Ouzou, le 11 mars 2004