L'enseignement du berbère en France est aussi une affaire politique - Une lettre de Hocine Sadi

Le Monde, 7 mars 2005

À la suite de notre article intitulé "L'enseignement du berbère en France est aussi une affaire politique" ("Le Monde" du 15 février), nous avons reçu de Hocine Sadi la mise au point suivante.

Votre article, en première page, met en cause ma personne et mes compétences à mettre en place un enseignement de langue berbère dans le secondaire. Outre mon expérience d'enseignement de cette langue, je suis auteur de plusieurs publications dans ce domaine dont les premières remontent au début des années 1970. Comme l'a attesté Lionel Galand, directeur d'études libyque et berbère à la quatrième section de l'Ecole pratique des hautes études, j'ai activement participé à son séminaire pendant trois années et j'ai été nommé "élève titulaire" de l'EPHE par arrêté du 7 juillet 1972.

Par ailleurs, j'appartiens depuis trente ans au ministère de l'éducation nationale, d'abord au titre de professeur agrégé, ensuite comme conseiller au cabinet du ministre, et enfin comme chargé de mission au CNDP puis à la direction des enseignements scolaires (Desco).

Quant aux contre-vérités dont votre article s'est fait l'écho, elles m'ont surpris par leurs implications fantaisistes (gouvernement algérien, généraux, gouvernement français, RCD...). Cette thèse, donnée comme un fait sur la foi d'une déclaration d'un enseignant de l'Inalco - Institut national des langues et civilisations orientales -, est présentée par le même enseignant comme une "hypothèse" dans une interview qu'il a accordée à un site Internet, seulement trois jours après sa publication à la "une" du Monde.