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Nouvelle
livraison de Prologues
L'amazighe : les défis d'une
renaissance
Numéro double 27/28
Editorial
L'amazighe : les défis d'une renaissance
L’amazighe constitue
la langue autochtone au Maghreb. Elle est parlée par des dizaines
de millions de personnes sous forme de dialectes non standardisés
et employée pour des besoins de communication essentiellement orale.
Avec l’émergence d’une conscience identitaire organisée,
les amazighophones aspirent à valoriser leur langue et leur culture
jusqu’ici minorée de facto sur le plan institutionnel par son exclusion
de l’enseignement, des médias et de la vie publique.
A présent,
les Etats maghrébins semblent plus disposés à considérer
le bien-fondé de ces revendications en créant des institutions
spécialisées, le Haut Commissariat à l’Amazighité
HCA) en Algérie et l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM)
au Maroc et en intégrant (partiellement) l’amazighe dans l’enseignement
et dans les médias. La survie de la langue et de la culture amazighes
dépend certes largement de la volonté politique quant au
statut institutionnel de la langue mais aussi de la résolution
de questions techniques relatives à l’aménagement du corpus
de la langue. Aussi l’enjeu est-il considérable.
Cette situation inédite
met l’amazighophonie au défi de répondre aux exigences de
la vie moderne, notamment le passage de l’oralité vers la scripturalité
et la mise à niveau de la langue. Or les attentes sont immenses
et diverses, et les besoins non moins importants : l’adoption d’une graphie
adéquate et son adaptation en une notation usuelle, la standardisation
de la langue et la modernisation de ses structures.
Les expériences
de création néologique et terminologique ne manquent pas.
Elles contribuent certes à répondre à une demande
sociale souvent pressante en comblant certaines lacunes lexicales mais
elles pèchent parfois par excès de volontarisme et d’amateurisme.
Cette situation s’explique en partie par l’absence de cadre(s) ayant vocation
de pôle de normalisation institutionnelle adoptant une stratégie
globale et raisonnée en matière d’aménagement de
la langue et permettant de gérer en amont comme en aval la production
néologique et terminologique.
L’aménagement
linguistique dans le domaine amazighe a fait l’objet de quelques rencontres
scientifiques qui ont permis de jeter les jalons d’une réflexion
et d’une action notamment dans les domaines de la notation graphique et
de la néologie lexicale. Le travail amorcé mérite
d’être approfondi par l’échange en matière d’élaboration
de la stratégie (processus de standardisation, principes et priorités)
et de la méthodologie (modalités de la normalisation de
la notation graphique et de la création lexicale) et en matière
d’évaluation de la production terminologique, principalement dans
des domaines cruciaux comme l’enseignement et les médias.
Prix de vente : 50
DH - Algérie 70 DA - Tunisie 7 DTU - Europe 8 - Canada 12$
CAN - Autres pays 10$ US
SOMMAIRE
DOSSIER
Introduction
L'amazighe: défis et enjeux d'une renaissance
Ahmed BOUKOUS et Aïcha
BOUHJAR
De l'aménagement dans le domaine amazighe
Meftaha AMEUR et
Aïcha BOUHJAR
Norme graphique et prononciation de l'amazighe
El Mehdi IAZZI
La néologie lexicale en amazighe marocain
Fatima BOUKHRIS
Tradition berbérisante et prémices de la standardisation
de l’amazighe
Aziz KICH
Des écueils du passage à l’écrit de l’amazighe
Fatima AGNAOU
L’alphabétisation en amazighe : un levier du développement
durable
Jilali SAIB
Des méthodes de l’enseignement de l’amazighe : examen rétrospectif
et prospectif
COMPTE-RENDUS
D’OUVRAGES
Par El Mehdi Iazzi
Par Aïcha
Bouhjar
Par Hassan Ouzzate
Par Meftaha
Ameur
DEBATS
Driss Almou
Impact de l’alphabétisation sur la qualité de vie des amazighophones
Hennou Laraj
L’importance de la langue maternelle dans l’éducation préscolaire
Mohamed ELMEDLAOUI
Le berbère et l’histoire du pluralinguisme au Maghreb (le cas du
Maroc)
Ali Boulahcen
Disparités sociolinguistiques et socioculturelles du système
éducatif au Maroc
Anne Balenghien,
Mohammed Benjelloun Touimi, Sabine Kilito, Anne-Marie Teeuwissen
Couple mixte installé au Maghreb
Mohamed MOUAQIT
De l’élite, de la passion de la liberté et de la mystification
ARTICLES EN
ARABE
DOSSIER
Mohamed Chafik
Existe-t-il un amazighe classique ?
Ahmed Boukous
L’amazighe dans le système éducatif : principes et orientations
Mohamed Elmedlaoui
De la « notation usuelle du berbère » à «
l’orthographie amazighe » (processus d’un projet de normalisation
d’une langue)
Boudriss Belaïd
L’amazighe et la mise à niveau du système éducatif
Abderrahmane Belouch
L’abc du tifinaghe et la question de son enseignement
COMPTE-RENDUS D’OUVRAGES
Par Hussein MOUJAHID
Par Hussein
WAAZI
DEBATS
Mohamed Ghnaim
L’aménagement de la langue au Maroc
Jamal Bendahman
L’amazighe : langue, écriture et enjeux de l’identité
Abdelilah Salim
La planification linguistique au Maroc : le corpus amazighe comme modèle
Meriam Demnati
L’enseignement et la langue maternelle
Ahmed Assid
Les études amazighes à l’université : évaluation
critique
Rachid Moqtadir
Les mouvements protestataires : le mouvement amazighe et le mouvement
islamiste, une première approche des ressemblances et différences
Mohamed AQDAD
Introduction à l’étude du conte populaire amazighe : le
modèle du Rif
Rachid Idrissi
L’histoire amazighe : l’événement et l’idéologie
DOSSIER
Introduction
L'amazighe: défis et enjeux d'une renaissance
Ahmed BOUKOUS et Aïcha
BOUHJAR : De l'aménagement dans le domaine amazighe
Longtemps ignoré dans la politique linguistique et culturelle officielle,
l’amazighe bénéficie depuis 2001 d'une reconnaissance institutionnelle
avec la création de l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM).
L'implémentation de l'option stratégique de la standardisation
de l'amazighe impose néanmoins des choix méthodologiques
qui ne sont pas sans contraintes, notamment dans les domaines de la normalisation
de la phonie et du lexique, et de la codification de la graphie.
Meftaha AMEUR et Aïcha
BOUHJAR : Norme graphique et prononciation de l'amazighe
Dans la perspective d'un amazighe standard commun aux diverses variétés
dialectales en vigueur, à construire sur la durée, ce texte
décrit les caractéristiques phoniques sous-jacentes à
l’alphabet tifinaghe élaboré par l'IRCAM en tant que graphie
officielle de la langue amazighe au Maroc. L'exposé des critères
de sélection des phonèmes retenus est suivi d'un relevé
des processus phonético-phonologiques neutralisés par la
graphie.
El Mehdi IAZZI : La
néologie lexicale en amazighe marocain
L’aménagement en amazighe marocain, qui s’est développé
en dehors de tout cadre institutionnel officiel depuis le début
des années 90, a porté essentiellement sur le statut de
la langue. Il marque une évolution de la conscience identitaire
du mouvement amazighe. Avec la néologie lexicale, l’intervention
porte sur le corpus de la langue pour le rendre apte à l’expression
de la modernité. Tout en enrichissant de manière endogène
la langue, cette intervention pose le problème de la standardisation
et de l’unité des parlers amazighes.
Fatima BOUKHRIS :
Tradition berbérisante et prémices de la standardisation
de l’amazighe
Le présent texte explique, d’une part, comment la tradition berbérisante
a appréhendé la question de l'unité et de la diversité
de la langue amazighe et explicite, d’autre part, les choix méthodologiques
et les principes à retenir dans la standardisation de la langue
commune.
Aziz KICH : Des écueils
du passage à l’écrit de l’amazighe
Même quand seront résolus les problèmes respectifs
de la volonté politique et des techniques liés à
l’aménagement de l’amazighe, demeurera posée pour longtemps
la question de savoir à quel écrit on veut passer. Ce passage
risque, si l’on n’y prend garde, de donner naissance à un être
nouveau et étrange dans lequel les amazighophones actuels ne se
reconnaîtront pas. Il doit donc s’inscrire dans une vision globale
consciente, qui en rythme la vitesse en opérant les choix stratégiques
qui s’imposent.
Fatima AGNAOU : L’alphabétisation
en amazighe : un levier du développement durable
La question de l’intégration de l’amazighe dans l’enseignement
et dans le domaine de l’éducation des adultes est à l’ordre
du jour. Le présent article argumente en faveur de l’alphabétisation
en amazighe comme levier du développement durable et propose les
modalités de l’implémentation d’une stratégie qui
vise à la fois la valorisation de la personne et l’éducation
du citoyen.
Jilali SAIB : Des
méthodes de l’enseignement de l’amazighe : examen rétrospectif
et prospectif
L’enseignement de l’amazighe est à l’ordre du jour. C’est pourquoi
il convient d’en élaborer les méthodes d’enseignement en
tenant compte à la fois des méthodes utilisées antérieurement
pour l’enseignement de l’amazighe et des acquis et apports récents
des sciences de l’éducation.
COMPTE-RENDUS D’OUVRAGES
Par El Mehdi Iazzi
A propos de Achab, Ramdane : La néologie lexicale berbère
(1945-1995), Paris/Louvain : Ed. Peeters, collection, « M.S. – 9
– Ussun amari », 1996, 367p., préf. de S. Chaker.
Par Aïcha Bouhjar
A propos de Achab, Ramdane : Langue berbère – Introduction à
la notation usuelle en caractères latins, Paris : Ed. Hoggar,1998.
Par Hassan Ouzzate
A propos de Arnaiz-Villena, Antonio (Ed.) : Prehistoric Iberia : Genetics,
Anthropology, and Linguistics, New York : Kluwer Academic/Plenum Publishers,
2000.
Par Meftaha Ameur
A propos de Haddachi, Ahmed : Dictionnaire de Tamazight. Parler des Ayt
Merghad (Ayt Yafelman), Salé : Imprimerie Béni Snassen,
2000.
DEBATS
Driss Almou : Impact
de l’alphabétisation sur la qualité de vie des amazighophones
Loin d’être
aujourd’hui un simple apprentissage de l’écriture, de la lecture
et du calcul, l’alphabétisation est devenue une véritable
entreprise dont le but ultime est l’amélioration de la qualité
de vie des populations visées, notamment celle vivant en milieu
rural. C’est l’idée fondamentale que développe l’auteur
dans l’article ci-après. Aussi au Maroc, une alphabétisation
des amazigophones dans sa conception classique, et en arabe qui plus est,
a peu de chances de produire les résultats escomptés en
termes de changement et d’un cadre de vie meilleur pour les populations
concernées.
Hennou Laraj : L’importance
de la langue maternelle dans l’éducation préscolaire
Dans l’article ci-dessous, l’auteur montre les vertus affectives, sociales
et intellectuelles de l’usage de la langue maternelle – en l’occurrence
l’amazighe pour les enfants amazigophones – dans l’éducation préscolaire.
Aussi souligne-t-il l’importance capitale de la conception d’un préscolaire
national et moderne où la langue maternelle des enfants prendra
la place qui lui revient.
Mohamed ELMEDLAOUI
: Le berbère et l’histoire du pluralinguisme au Maghreb (le cas
du Maroc)
Pour l’auteur de l’article qui suit le pluralisme linguistique au Maghreb
est une réalité très ancienne qui remonte à
l’Antiquité, mais le rôle assigné à chaque
époque aux différentes langues concurrentes a été
déterminé moins par un rapport de force à base éthnique
que par une dialectique à caractère idéologique et
axiologique à l’échelle de la Méditerranée
toute entière. La gestion de cette donnée linguistique aujourd’hui
dont le renouveau constitue un indice significatif du rééquilibrage
sociolinguistique en cours doit s’inscrire désormais, selon l’auteur,
dans une stratégie moderne d’enseignement et de communication qui
vise moins, comme par le passé, à reproduire idéologiquement
l’ordre social dominant, qu’à mobiliser les ressources nécessaires
au développement socio-économique, conçu en soi comme
valeur suprême.
Ali Boulahcen : Disparités
sociolinguistiques et socioculturelles du système éducatif
au Maroc
Comment et dans quelle mesure le système éducatif marocain,
tel qu’il est aujourd’hui, détermine-t-il les chances d’accès
et de succès des jeunes à la fois à l’école
et dans la vie professionnelle et sociale ? C’est à cette question
cruciale que tente de répondre l’auteur dans l’article qui suit,
en mettant en relief le caractère antagonique de classe de l’enseignement
au Maroc. Les procédures pédagogiques héritées
du passé colonial ont en effet, selon lui, fait de l’école
du type franco-arabe un champ de bataille entre deux langues et donc deux
cultures, dont l’affrontement quotidien ne profite en fin de compte qu’à
une minorité de privilégiés.
Anne Balenghien, Mohammed
Benjelloun Touimi, Sabine Kilito, Anne-Marie Teeuwissen :
Couple mixte installé au Maghreb Dans l’article ci-après
les auteurs engagent une réflexion qui, par-delà les drames
indéniables que vivent les femmes non musulmanes au sein des couples
mixtes installés au Maghreb, et par-delà aussi l’exemple
que pourrait représenter le couple mixte pour une mutation au sein
du groupe « ordinaire », soulève des questions plus
fondamentales qui concernent la liberté de conscience et le statut
des femmes en terre d’islam.
Mohamed MOUAQIT :
De l’élite, de la passion de la liberté et de la mystification
Pourquoi l’élite dans le monde arabo-musulman n’a-t-elle pas la
passion de la liberté ? Pourquoi sacrifie-t-elle toute aspiration
à la liberté des individus sur l’autel d’un mythique âge
d’or à restaurer ? N’est-ce pas là que réside peut-être
l’explication majeure des impasses, échecs et déceptions
du monde arabo-musulman ? Ce sont ces interrogations qui constituent la
trame de cet article où l’auteur s’élève contre certaines
analyses qui au lieu de se réjouir de la chute d’un régime
de terreur – tout en refusant moralement bien sûr la guerre qui
en a été la cause – érigeant Saddam Hussein au rang
d’un martyr résistant et mystique (messianique), justifiant et
purifiant ainsi un régime sanguinaire, simplement parce qu’il s’est
paré d’une idéologie/discours de renaissance arabe.
ARTICLES EN
ARABE
DOSSIER
Mohamed Chafik : Existe-t-il
un amazighe classique ?
Dans cet article
l’auteur pose le problème de la pédagogie de l’enseignement
de l’amazighe en maternelle et dans l’enseignement fondamental, se demandant
s’il existe, à l’instar de l’arabe, un amazighe non dialectal,
un amazighe « classique », c’est-à-dire scolaire, susceptible
d’être à la fois objet et moyen d’enseignement. Si l’auteur
pense que la recherche d’un amazighe classique dans un « âge
d’or condamné à revenir » relève du mythe,
il n’en croit pas moins que l’amazighe pourrait rejoindre le groupe des
langues classiques, et que cela est à la portée des Amazighes
si on leur permet d’exercer leur auto-détermination culturelle
et linguistique. A cet effet l’auteur montre quelques méthodes
et donne quelques conseils pédagogiques susceptibles d’aider à
la réalisation d’un tel projet.
Ahmed Boukous : L’amazighe
dans le système éducatif : principes et orientations
Dans le cadre de la nouvelle conception de l’établissement d’enseignement,
il a été décidé d’intégrer l’amazighe
dans le système d’éducation à partir de la rentrée
scolaire prochaine. Cette décision soulève des questions
de fond, notamment celles relatives aux raisons qui l’ont motivée,
aux principes et orientations qui la commandent et aux mécanismes
destinés à aider à sa mise en œuvre.
Mohamed Elmedlaoui
: De la « notation usuelle du berbère » à «
l’orthographie amazighe » (processus d’un projet de normalisation
d’une langue)
Après avoir rappelé brièvement la dynamique socio-culturelle
qui a conduit à la révision en cours du cadre qui définit
le statut et la fonction de la langue amazighe au Maroc (première
partie), l’auteur, dans l’article ci-après, met l’accent sur le
rôle décisif que joue l’établissement des bases de
l’orthographie – en tant qu’institution socio-linguistique et académique
– dans toute opération d’envergure qui consiste à normaliser
et unifier une langue donnée (deuxième et troisième
parties). L’auteur souligne également le lien solide et étroit
qui existe toujours – comme le montrent les systèmes orthographiques
connus (arabe, hébreu, français, anglais, allemand) – entre
tout système orthographique (liste des lettres et conventions phonétiques)
et la situation de la langue originaire abstraite dont découlent
et se ramifient du point de vue théorique et historique, tous les
dialectes effectifs, lesquels sont considérés comme de simples
aspects spécifiques de la langue appelée à être
normalisée et unifiée (quatrième partie).
Boudriss Belaïd
: L’amazighe et la mise à niveau du système éducatif
Le développement total, dont le développement de l’homme
est un des objectifs fondamentaux, constitue le véritable pari
de toutes les sociétés. Aussi l’éducation occupe-t-elle
une place centrale dans toute planification rationnelle du développement,
qu’il s’agisse du développement des ressources humaines, ou économiques.
Cette importance réside dans le fait que l’enseignement constitue
la porte d’accès essentielle et nécessaire à tout
développement volontaire. Et dans le cadre du système éducatif,
l’enseignement d’une langue donnée est d’une importance capitale.
Surtout lorsqu’il s’agit d’une langue maternelle, car c’est à travers
elle que s’inculquent les données du monde extérieur que
l’école contribue à organiser avec la participation de l’enfant.
C’est à travers elle aussi que s’expriment les différentes
activités humaines cognitives, affectives, sociales et culturelles.
Abderrahmane Belouch
: L’abc du tifinaghe et la question de son enseignement
Cet article aborde la question de l’abc du tifinaghe comme clef du savoir
scolaire, en exposant les grandes étapes historiques qu’a connues
cette écriture, jusqu’à la forme qu’on lui connaît
actuellement. L’article analyse également les trente trois caractères
(signes) sur lesquels s’est porté le choix, en en développant
la fonction, les formes et les caractéristiques, pour en arriver
finalement à une approche didactique munie de propositions pratiques
déduites d’expériences passées.
COMPTE-RENDUS D’OUVRAGES
Par Hussein MOUJAHID
A propos de Chafik, Mohamed : (tome I 1990 ; tome II 1996 ; tome III 2000)
: almuâjamu lâarabiyu l'amaaziyghiyu, Rabat : Publications
de l'Académie du Royaume du Maroc.
Par Hussein WAAZI
A propos de Ben Younes, Arav : Sortie de secours, une confédération
maghrébine, Hull, Quebec, Centre de Promotion Artistique, 2000,
251p.
DEBATS
Mohamed Ghnaim : L’aménagement
de la langue au Maroc
L’étude des langues a constitué depuis longtemps un domaine
analytique et systémique dans le cadre des études linguistiques.
Beaucoup de pays aujourd’hui connaissent une situation linguistique complexe,
du fait de la diversité linguistique ou dialectale qui les caractérise.
La situation linguistique au Maroc a fait l’objet de nombreuses études
fort riches de la part de Marocains et d’étrangers sous des angles
linguistiques différents (linguistique interne : syntaxe, morphologie,
phonologie et linguistique externe : sociolinguistique, psycholinguistique,
pragmatiques). Abdelkader Fassi Fihri est de ceux qui se sont intéressés
à ce domaine dans plus d’un ouvrage. L’article ci-dessous essaie
de présenter les étapes les plus importantes de son projet
qui répond aux nombreuses interrogations que soulèvent la
planification et la gestion de la carte linguistique au Maroc.
Jamal Bendahman :
L’amazighe : langue, écriture et enjeux de l’identité
Comment le discours amazighe a-t-il traité les problèmes
de la langue, de l’écriture et de l’identité ? Quels progrès
ont été réalisés à cet égard
? Quels sont les arrières-plans théoriques d’un tel discours
? Est-ce que ses attitudes et visions sont cohérentes ? Quelle
est cette identité que l’on défend ? Comment est-ce qu’elle
se rapporte aux autres composantes du champ culturel marocain ? L’article
qui suit tente d’examiner toutes ces questions à la lumière
des textes de spécialistes de l’amazighe dans leur rapport à
l’histoire, la langue et la politique. Il traite également du statut
juridique de l’amazighe dans le cadre des différents éléments
qui composent la carte linguistique marocaine dont la diversité
doit être gérée de manière rationnelle et intégrée.
Abdelilah Salim :
La planification linguistique au Maroc : le corpus amazighe comme modèle
Si au Maroc les objectifs de la politique linguistique sont clairs et
bien tracés, l’on ne saurait en dire autant des moyens et procédures
d’intervention et de gestion de la diversité qui restent marqués
par certaines tares. Le Maroc possède-t-il une politique linguistique
à même de réguler, de développer et de renforcer
son tissu linguistique afin d’en éviter le dépérissement
? Si oui, quelle place tient l’amazighe dans cette politique ? La législation
marocaine en matière linguistique prend-elle en considération
les impératifs de stabilité, d’unité, de diversité
et d’ouverture ? L’alphabet utilisé pour écrire l’amazighe,
a-t-il un rôle dans son développement et son expansion, ou
est-ce que tous les alphabets se valent et produisent les mêmes
résultats ? Telles sont les quelques questions auxquelles l’article
ci-dessous se propose d’apporter quelques éléments de réponse.
Meriam Demnati : L’enseignement
et la langue maternelle
Les experts en pédagogie ont montré depuis longtemps l’importance
de la langue maternelle dans la détermination de l’avenir scolaire
et social de l’individu. Aussi l’usage et la maîtrise de cette langue
dès le préscolaire s’avèrent-ils d’une nécessité
impérieuse. C’est ce que soutient l’article ci-après, en
prenant pour exemple le cas de l’amazighe dans le système éducatif
au Maroc notamment depuis la publication de la Charte de l’éducation
et de la formation qui, aux yeux de l’auteur, ne réserve qu’une
place secondaire à cette langue. Mais depuis la création
de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) une autre politique
semble se dessiner tendant vers une meilleure prise en compte de l’amazighe
dans le système éducatif.
Ahmed Assid : Les
études amazighes à l’université : évaluation
critique
Les études amazighes universitaires au Maroc ont-elles produit
un cumul de savoir suffisamment dense permettant d’accompagner le tournant
pris au niveau officiel de faire passer l’amazighe d’un statut de langue
parlée et marginale, à celui d’une langue et d’une culture
intégrées dans les institutions officielles d’enseignement
et des médias ? C’est la question à laquelle tente de répondre
l’article qui suit en jetant un regard critique sur les études
et recherches réalisées dans le domaine de l’amazighe à
l’Université marocaine entre 1972 et 2000. Si l’auteur relève
que des progrès ont été bien enregistrés en
ce domaine, notamment depuis les années quatre-vingt-dix, où
les études amazighes ont commencé à connaître
leur véritable essor, il n’en reste pas moins qu’à ses yeux,
ces études rencontrent encore un certain nombre d’obstacles, que
l’Institut Royal de la Culture Amazighe pourrait bien aider à surmonter.
Rachid Moqtadir :
Les mouvements protestataires : le mouvement amazighe et le mouvement
islamiste, une première approche des ressemblances et différences
La décennie quatre-vingt-dix a vu une recrudescence dans la dynamique
de ce qui est appelé les mouvements protestataires, suite à
une série de changements internes et externes. Le mouvement amazighe
participe de cette même dynamique. L’article qui suit est une première
contribution éclairant ce mouvement, en analysant le rapport politique-culture
dans les discours et conduites de ses militants, tout en le comparant
au mouvement islamiste.
Mohamed AQDAD : Introduction
à l’étude du conte populaire amazighe : le modèle
du Rif
En raison de
sa nature et de la place qu’il occupe dans les cultures des peuples, le
conte constitue un des domaines de création linguistique les plus
importants chez tous les peuples ou communautés. C’est à
partir de cette constatation que l’article ci-dessous examine ce qu’il
appelle «La Charte du conte» dans le Rif oriental, charte
implicite et coutumière qui lie le conteur et le récepteur,
et dont l’intermédiaire n’est autre que la société,
milieu de circulation du conte et dépositaire de sa charte.
Rachid Idrissi : L’histoire
amazighe : l’événement et l’idéologie
L’histoire a été et reste jusqu’aujourd’hui un des instruments
utilisés pour légitimer les demandes du présent.
Elle est comme une institution chargée de transmettre les valeurs
et visions d’une étape historique à une autre. C’est ce
que tente de mettre en évidence Rachid Idrissi dans cet article.
Mais quel rôle veut-on faire jouer aux événements
de l’histoire marocaine aujourd’hui dans le cadre de l’attention portée
à la culture et la langue amazighes ? Comment ont composé
les Imazighens aux différentes civilisations qu’ils ont connues
? Quels sont les traits de la culture et de la langue amazighes ? Quel
a été l’effet de la civilisation arabe et musulman au Maroc
? Et quelles ont été les causes et les conséquences
de l’action d’arabisation à laquelle, ont été soumis
les Imazighens ? Ce sont là quelques questions auxquelles cet article
essaie de répondre cet article à travers la lecture critique
des idées contenues dans le livre de Mohamed Chafik.
Abonnement au Maroc
= 400 DH - Abonnement étranger = 70 euros
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vablable jusqu'au 31 décembre 2003)
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de rédaction au Tél./fax: (212 22) 22 65 20
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