Quelques repères sur Karl G. Prasse
Notre collègue Karl Prasse a fêté ses 70 ans en août 1999. Son apport scientifique est tout à fait considérable, principalement pour les Études berbères - son œuvre touarègue est absolument fondamentale -, mais aussi, plus largement, pour la dialectologie arabe (avec ses travaux sur l’arabe du Caire) et la linguistique historique et comparée chamito-sérnitique.
Indépendamment de son œuvre personnelle, K. Prasse a également su encadrer et encourager de nombreux chercheurs autochtones, et mettre en place avec eux des collaborations sur la longue durée. Collaborations particulièrement fécondes qui ont permis la publication d’une série d’instruments et documents scientifiques de première importance sous l’égide de l’université de Copenhague.
Ce recueil d’articles est un amical hommage au collègue exemplaire.
Karl-Gottfried Prasse est né le 14 août 1929 à Hambourg (Allemagne) (mais il est de nationalité danoise). Il commence des études de linguistique générale et comparée à l’Université de Copenhague en 1948. En 1950, il se réoriente vers l’Égyptologie.
Au cours de sa période de formation, il a accompli plusieurs séjours d’études à l’étranger :
En 1955, il soutient sa thèse, qui est couronnée de la médaille d’or: Les noms en berbère, comparés à ceux de l’égyptien et du sémitique (morphologie) (voir " Travaux et publications ")
Il s’engage alors définitivement dans la voie de la recherche linguistique et effectue plusieurs nouveaux séjours d’études :
À partir de 1960, il commence une longue carrière d’enseignant-chercheur à l’Université de Copenhague; il enseigne successivement l’arabe à l’Institut de philologie sémitique et le berbère à l’Institut d’Égyptologie où il est promu Lektor (Professeur) de berbère en 1972.
Au cours de sa carrière, il aura une activité soutenue de publication et d’édition qui a totalement renouvelé la connaissance sur le domaine touareg. A côté de ses travaux linguistiques, descriptifs ou historiques, il ne dédaigne pas les terrains de l’application et participe régulièrement à des travaux de linguistique appliquée: élaboration de manuels d’enseignement pour l’alphabétisation, fixation de l’orthographe touarègue etc. Il mène également une action continue de pédagogue en contribuant à la formation de chercheurs touaregs.
En 1986, après la suppression du berbère comme matière d’enseignement autonome, il dirigera l’Institut d’Égyptologie (Institut Carsten Niebuhr) à l’Institut de Philologie Orientale de l’université de Copenhague. Il part en retraite en 1996 mais continuera à donner des cours d’arabe dialectal et littéral à l’Institut Carsten Niebuhr.