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Nutni, Nekkni d tgerfa i ɣ-tt-ixedmenEux, le Corbeau et Nous, Amar MezdadTraduit par Salem CHAKER, Dahbia ABROUS et M. IGHILFALOU « Donc, avoues ton ignorance, tu es incapable de me dire pourquoi depuis la nuit des temps, Eux sont toujours devant et nous toujours loin derrière. Ils sont passés maîtres dans l’art d’avancer et nous dans celui de reculer !
Et le voilà qui commence à me donner les raisons duu marasme généralisé dans lequel nous baignons depuis des temps immémoriaux. Notre retard dans tous les domaines du savoir est en relation directe avec l’origine du plumage noir du corbeau. C’est une habitude chez lui d’entamer un sujet de discussion à chacune de nos rencontres. Dès qu’il met en branle son argumentaire, le partenaire se doit d’écouter, et il devient pratiquement impossible de placer un mot. Et le voilà qui me raconte une fois de plus une des histoires favorites : Eux, le Corbeau et Nous. Cette histoire, je la connais par coeur pour l’avoir écoutée des dizaines de fois, mais pour ne pas le choquer, je ne dois surtout pas le lui rappeler, car Tonton Moh est devenu très susceptible ces derniers temps. L’ennui qui pèse sur ses vieux jours aiguise en lui ce besoin de palabre ! Dès qu’il trouve une oreille hospitalière, Tonton Moh n’hésite pas à s’en servir. Traduction initialement parue dans la Nouvelle revue française, 521, juin 1996. Ismgan n TirraLes esclaves de l’écrit, Amazigh-Brahim LasriTraduit par Fatiha Lasri Il monte dans le RER, prend sa place parmi les passagers. Nul ne le bouscule, il ne bouscule personne. Le wagon est plein : nombreux sont les voyageurs qui sont debout. Quel plaisir de les voir descendre et monter un par un sans heurts ! Quel plaisir de savourer le silence plus palpable que la respiration des passagers ! Le RER est une sorte de train, non... ce n’est pas un train, le RER est mieux que le train, il est plus silencieux. Durant son trajet, chaque voyageur a une occupation : certains lisent livres,journaux ou magazines, d’autres écoutent de la musique. Lui, son esprit se détache lentement de son corps pour rejoindre son pays, celui qui l’a craché. Le souvenir surgit peu à peu : il compare le bus de chez lui et le RER. Il se remémore les mendiants vêtus de haillons pour susciter la charité et la pitié des passagers, les mendiantes accompagnées de bébés ou d’enfants, les vomissements des clochards, les effluves de poissons, les regards malsains, les insultes, les bruits exceptionnels du mois d’août. (...) Iɣil n DdreɛIghil n Draa, Ameziane KezzarTraduit par Nadia IOUALITENE Voici l’histoire d’un village appelé Ighil n-Draa (La crête de la Force)... Ce village, construit sur un terrain verdoyant, est ceint de montagnes pareilles à des remparts... Personne n’en connait l’existence. La France elle-même n’a pas pénétré jusque- là pendant la guerre. De leur côté, les habitants de ce village vivent isolés, sans aucun contact avec le monde extérieur. Ils n’ont aucune idée de ce qui se trouve derrière leurs montagnes. (...) |