CONTE



Tiré de l'ouvrage de Jean PODEUR
Textes berbères des Aït Souab,
édités et annotés par
Nico van den Boogert, Michelle Scheltus, Harry Stroomer.
Édisud / La Boîte à Documents, 1995.



IMIKER D BAB N TEGMMI

Idda yan imiker ikcem s tegmmi n yan urgaz gh yîd. Ur gis illi ma ittak°er abla tumzîn. Bab n tegmmi izêr-at lligh n ikcem s tegmmi. Ifss, ur as-inni yat. Ikks imiker aqccab-nnes, iàmmer-t s tumzîn, isers-t. Iddu ar ittmurruy gh tegmmi is ra yaf kra n teghawsa yâdnin. Bab n tegmmi yusi aqccab n imiker-lli iàmmer s temzîn, ihêdû-t gh yan lmakan. Lligh d yudâ imiker ur d yufi yat, yaf d aqccab lli lâh-t. Iddu a iffugh gh imi. Inna yas d bab n tegmmi : « Igh teffught, teqqent imi. » Inna yas imiker : « Skar asn ghikad, ad akk° ur teqqent imi. »





LE VOLEUR ET LE PROPRIÉTAIRE DE LA MAISON

Un voleur entra dans la maison d'un homme pendant la nuit. Il n'y trouva à voler que de l'orge. Le propriétaire le vit entrer dans la maison. Il se tut et ne lui dit rien. Le voleur enleva sa chemise, la remplit d'orge et la déposa sur le sol. Puis il se mit à parcourir la maison pour voir s'il y trouverait quelque chose d'autre. Le maître de la maison prit la chemise plein d'orge et la cacha en quelque endroit. Quand le voleur revint, il ne trouva plus rien, et chercha la chemise, mais elle avait disparu. Il sortit par la porte. Le propriétaire de la maison lui dit alors : « Quand tu seras sorti, ferme la porte. » Le voleur lui dit : « Agis ainsi avec les autres voleurs, ne ferme point du tout la porte. »