AVANT-PROPOS |
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L'élaboration d'un livre sur la grammaire du tamazight m'a été suggérée par mon ami le mathématicien Mohammed Oudadess auquel j'avais fait part des résultats d'une réflexion personnelle sur la singularité du syntagme verbal amazighe. Ayant trouvé ces résultats intéressants et originaux, il m'a conseillé de les publier en mon nom afin d'en conserver la propriété intellectuelle à laquelle, je l'avoue, je n'accordais que peu d'importance. J'ai suivi son conseil et il a suivi du début jusqu'à la fin et attentivement cette entreprise folle d'élaboration de ce livre dont l'objet a été étendu aux autres aspects de la grammaire du tamazight, sur lesquels je n'avais pas grand-chose d'original à dire. Il va sans dire que personne d'autre que moi n'assume la responsabilité des erreurs et lacunes que mon livre ne manque pas de comporter. Si j’évoque ici M. Oudadess, c'est pour le remercier vivement pour tout le soin qu'il a apporté au travail - lecture attentive et suggestions de correction - qu'il a accomplie pour que cet ouvrage voie le jour. Ce qui m'avait poussé à réfléchir sur le syntagme verbal amazighe, c'était l'insatisfaction que j'avais éprouvée à la lecture des chapitres consacrés à ce sujet dans le livre de grammaire amazighe de mon ami et maître, l'académicien Mohammed Chafik. C'est que ce dernier, jouissant d'une maîtrise inégalable tant de l'arabe classique que du français avait néanmoins choisi dans le souci d'être le plus proche possible du jeune public utilisant plus souvent l'arabe, d’écrire son livre dans la langue de Taha Hussein. Ce faisant, il n’a pas pu s'empêcher, de tomber, dans un carcan trop souvent inadapté à la langue objet, et, à mon avis, s’il est un thème où les deux langues sont totalement, différentes, c'est bien celui du syntagme verbal. Je n'ignore pas que cette critique pourrait bien être retournée contre moi. Ayant choisi d'écrire mon livre dans la langue de Molière, n'ai-je pas été victime d'un cadre tout aussi "inadapté" à la grammaire du tamazight ? Je ne saurais répondre. Il appartiendra aux lecteurs de le faire. Je pourrais toutefois préciser que le "cadre" en question dérive du latin, lequel a plus d’un point commun avec, pour ne pas dire qu'il dérive du grec. Or, je suis de plus en plus convaincu que le tamazight se rattache au grec ancien ou probablement, à une langue mère commune à ces deux langues. Ma critique de l'ouvrage des "Quarante-quatre leçon de tamazight" ne veut en aucun cas signifier que je ne lui ai point fait d'emprunts, au contraire. Ma dette envers cet ouvrage et son auteur est réellement immense. La question qui se pose à moi, ce n’est pas tellement pourquoi j’ai écrit mon livre en français. C'est plutôt pourquoi je l’écris, tout court, moi, qui je ne suis ni un grammairien, ni un linguiste. Si je l’écris, c'est parce que je prétends avoir apporte quelque chose de nouveau concernant le syntagme verbal. Et si je ne me suis pas contenté de ce thème, c'est parce que j’avais à dire donnait pas suffisamment de matière pour un livre. J'ai donc été obligé de traiter des thèmes pour lesquels je ne peux en aucun cas prétendre avoir quelque qualification particulière. Et, surtout, le chapitre sur la phrase a été, pour moi, une besogne ardue et douloureuse. C'est que ce chapitre relève beaucoup plus de l'art que de la technique requise dans les autres chapitres et à laquelle ma formation d'origine pouvait m’être de quelque secours. Mais, je ne pouvais pas traiter la phrase dans mon livre. Il faut cependant avertir le lecteur à ce sujet. Je n'ai rien fait d'autre qu’évoquer la phrase. Beaucoup reste à faire et il appartiendra aux nombreux artistes de langue tamazight d’approfondir et d’améliorer ce qui leur est proposé dans ce chapitre. Cela ne veut pas pour autant dire que les autres chapitres du livre sont parfaits, loin s'en faut. Il s'agit le plus souvent de pistes à peine tracées. Et il faudra par la suite approfondir, améliorer, combler des lacunes et élaguer si nécessaire. Je n'en veux pas grammairiens amazighs de n'avoir pas fait le nécessaire dans ce domaine. Je sais qu'ils doivent d'abord gagner de quoi vivre et que l'état marocain ne fait rien pour la promotion de la langue des marocains, au contraire. Je prie donc les lecteurs ayant un peu de temps à consacrer à leur langue ou à la langue de leurs parents ou ancêtres de me faire-part de leurs remarques et critiques à l’une des adresses suivantes et je les assure que la moindre observation de leur part trouvera un écho dans les éditions ultérieures de ce livre, si, bien entendu, le public jugeait nécessaire que je le réédite. Pour clore cet avant-propos, je tiens à remercier, vivement et sincèrement, le professeur Mohammed Oudadess, l'académicien Mohammed Chafik et monsieur Lahbib Fouad qui a assuré la réalisation matérielle de cet ouvrage - saisie, mise en page et le choix des textes figurant à sa fin. Lahcen Oulhaj |