Conférence des femmes autochtones d'Afrique
20-24 avril 1998, Agadir, Maroc
INTRODUCTION
De plus en plus nombreuses sont les femmes autochtones qui sont à la tête du mouvement de défense de leurs communautés et qui se situent à l'avant-garde de la lutte de leurs peuples. Le succès de ce mouvement social, et l'intérêt que suscite le sujet des Droits de l'Homme au niveau international se manifestent clairement dans les conférences mondiales tenues récemment : La deuxième Conférence internationale des femmes autochtones, Karasjohka (Norvège) 1990 ; la Conférence mondiale sur les droits de l'Homme, Vienne (Autriche) 1993 ; le Sommet social, Copenhague (Danemark) 1995 ; la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, Beijing (Chine) 1995 ; La première Conférence internationale des femmes autochtones (First International Indigenous Women's Conference), Adélaïde (Australie) 1988.
Lors du treizième Groupe de travail sur les populations autochtones des Nations-Unies tenu à Genève en 1995, seulement trois des trente délégués africains étaient des femmes. L'absence des femmes autochtones africaines dans les réunions internationales montre qu'elles manquent d'opportunités pour exprimer leurs points de vue et leurs intérêts au niveau international.
Les peuples autochtones du continent entier se trouvent dans une situation de marginalisation et d'isolement. Bien que ceci représente un blocus total pour toute organisation autochtone en Afrique, les femmes autochtones rencontrent d'autres obstacles liés à leur statut de femme aussi bien dans la société dominante que dans la communauté traditionnelle. La première Conférence des femmes autochtones d'Afrique se donne pour but de mettre fin à cet isolement.
Les femmes autochtones d'Afrique et leurs organisations devraient être en mesure de mieux développer et formuler leurs revendications et leurs points de vue collectivement. Les résultats obtenus pendant les conférences internationales antérieures ont été possibles, grâce aux actions collectives et à la coopération internationale.
La première Conférence des femmes autochtones d'Afrique offrira l'occasion d'échanger conseils et expériences mutuelles concernant les stratégies envers les problèmes rencontrés par les femmes autochtones, et de créer un réseau des femmes autochtones d'Afrique.
THÈMES DE LA CONFÉRENCE
Dans les communautés autochtones, ce sont surtout les femmes qui perpétuent et promouvoient la culture de leur peuple, et ceci bien qu'elles vivent souvent dans une société en désintégration. La transmission de la langue, de l'histoire et de la culture orale, de la musique, de la danse, des coutumes, de la connaissance artisanale et de la connaissance de l'environnement naturel, des herbes médicinales et de l'hygiène montre l'importance de leur tâche comme éducatrices. Comme les femmes sauvent et perpétuent la culture de leur peuple, il est possible, dans une phase ultérieure, de nourrir un mouvement émancipatoire en l'équipant d'une identité positive du peuple autochtone.
Dans la situation où un peuple souffre de la marginalisation et de la violence de la part d'un gouvernement national, la plupart des victimes sont des femmes. La violence contre les femmes est employée comme tactique pour chasser les peuples autochtones de leurs territoires. En tuant ou en mutilant des femmes autochtones, les gouvernements cherchent en fait à se venger des hommes autochtones, car les femmes sont souvent considérées comme propriété des hommes.
À l'intérieur même de la communauté autochtone, la violence contre les femmes augmente. La dégradation des valeurs traditionnelles et les problèmes sociaux liés au chômage, à l'alcoolisme, à la prostitution, etc. sont source de violence familiale. L'influence croissante de la société dominante renforce les tendances patriarcales existantes dans la communauté autochtone et estompe les structures matriarcales traditionnelles.
Une troisième forme de violence contre les femmes autochtones est intrinsèque à la culture autochtone. Ces traditions sont souvent orientées vers le contrôle des activités sexuelles et économiques des femmes. Ceci mène à la restriction de la liberté d'action des femmes par le biais de violences pouvant aller jusqu'à la mutilation génitale.
Malgré le rôle crucial qu'elles jouent comme éducatrices des générations futures - tâche qu'elles accomplissent souvent dans des circonstances extrêmement difficiles - les femmes ont souvent du mal à décider de leur propre vie et de leur propre corps.
LA PREMIÈRE CONFÉRENCE DES FEMMES AUTOCHTONES D'AFRIQUE
La première Conférence des femmes autochtones d'Afrique est programmée du 20 au 24 avril 1998 à Agadir, Maroc. L'association Tamaynut prend en charge l'accueil des participantes et l'organisation des rencontres avec des femmes autochtones locales et leurs associations.
Le Centre néerlandais pour les peuples autochtones (Nederlands Centrum voor Inheemse Volken, Amsterdam), organisation de soutien aux peuples autochtones, se chargera de faciliter l'établissement d'un réseau de femmes autochtones en Afrique.
Mme Tassadit Yacine (Awal) présidera les réunions plénières. Les résultats de la conférence seront présentés dans un rapport qui sera envoyé aux organisations autochtones d'Afrique, aux réseaux des femmes autochtones et aux organisations des avocats des peuples autochtones.
Dans le cadre de la campagne qui a conduit à la reconnaissance du mouvement international des peuples autochtones, les femmes autochtones d'Afrique s'organisent en créant leur propre réseau en vue de faire connaître leurs préoccupations et leurs espérances.
La quatrième Conférence mondiale sur la femme (4-15 septembre 1995, Beijing, Chine) et la Décennie internationale des peuples autochtones (1995 - 2004) offrent aux femmes autochtones africaines une excellente occasion de renforcer la prise de conscience de leurs situations et de leurs préoccupations par l'opinion publique.
LA SURVIE DES COMMUNAUTÉS ET DE LEUR IDENTITÉ. LA RECONNAISSANCE DU RÔLE CENTRAL DES FEMMES DANS LA CAUSE DES PEUPLES AUTOCHTONES.
Les femmes autochtones souhaitent que l'ONU amène ses États membres à adopter des réformes constitutionnelles intégrant les droits des populations autochtones. Elles souhaitent également que de nouveaux pays ratifient la convention de l'OIT n° 169 qui demande la protection des droits des populations autochtones et tribales.
Les femmes autochtones font face à une situation difficile due à l'introduction de valeurs étrangères et de systèmes éducatifs imposés sans tenir compte de leurs valeurs traditionnelles et culturelles, ce qui engendre soit un taux d'analphabétisme élevé, soit un faible niveau d'instruction, et par conséquent leur extrême pauvreté, leur exploitation et leur sous-emploi.
Le statut des femmes autochtones s'est considérablement dégradé avec la mise en place forcée de nouveaux systèmes politiques, économique, sociaux et culturels. Les femmes ne participent plus aux côtés des hommes au processus de prise de décision au sein de leurs communautés traditionnelles.
La femme amazighe (berbère) se heurte à des défis redoutables. Comme la plupart des femmes dans le monde, elle est depuis des siècles victime de discrimination mais elle en est doublement victime, en tant qu'autochtone et en tant que femme.
COORDINATRICES
| AZAR Canarias / PINGO'S Forum, Tanzanie / OSILIGI, Kenya / KIPOC Barbaig Programma, Tanzanie / Sudanese Women's Voice for Peace, Kenya / County Council of Pokot, Kenya / Turkana Women Conference Center, Kenya / Rassemblement démocratique des femmes nigériennes / Fadi walet Faqqi, Mauritanie / WIMSA, Namibie / NYAE NYAE Development Foundation, Namibie / KURU Development Trust, Botswana / First People of Kalahari, Botswana / Ass. pour le développement global des Batwa du Rwanda / Ishyrahamwe Twisungane, Rwanda / CODEBABIK, Cameroun / MBOSCUDA, Cameroun / Ass. des femmes réfugiées de l'Azaouad au Burkina Faso / Tahanint, Mali / Coordination des groupements de femmes de Gargando, Tinaïcha, Tissikoreï, Farach, Léré, Aratene, Goundam et environnants, Mali / AZAmazigh, France |
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Association Tamaynut (A.N.C.A.P) 32, Derb Guessous, Bab El Had Rabat, Maroc Tél/Fax : (212) 7.73.01.39 et (212) 7.72.63.13 idts@maghrebnet.net.ma |
Nederlands Centrum voor Inheemse Volken Centre néerlandais pour les peuples autochtones Postbus 94098, 1090 GB Amsterdam, Pays-Bas Tél : (31) 20.693.86.25 Fax : (31) 20.665.28.18 |